Le cinéma à Casablanca, ville du 7ème art
Quand Casa fait son cinéma
Des salles de cinéma, en veux-tu en voilà !!! L’essor de Casablanca passe par la case 7ème Art. Le nom de la ville a été immortalisé, essentiellement outre-atlantique, par le film culte du cinéma hollywoodien, remake d’une pièce de théâtre ‘’Everybody comes to the Rick’s’’. Michaël Curtiz, le réalisateur a choisi Casablanca car la ville était le lieu idéal pour illustrer les conflits et les intrigues qui jonchaient le chemin des réfugiés européens de l’époque de la secondeguerre. Il faut tout de même noter qu’aucune scène du film n’y a été tournée. Mais Casablanca n’a pas été la seule à séduire Hollywood. Le cinéma a également courtisé puis séduit Casablanca.
Les premières salles de cinéma se trouvaient dans la médina bien avant 1914.
Avec l’évolution démographique et socioculturelle de la ville, de véritables palais du cinéma ont vu le jour dans les rues du centre ville. Véritables lieux de rencontres de la population casablancaise, les cinémas rivalisent les uns avec les autres et leurs affiches n’ont rien à envier à leurs homologues européennes.
Les architectes de l’époque donnent libre cours à leur talent et à leur imagination pour construire des salles tout aussi différentes les unes des autres. Dominées par le Vox de Marius Boyer, les cinémas font leur cinéma :
- Immenses et somptueusement équipées comme l’ABC et l’Empire
- Moderne avec une salle très dénivelée comme le Lutetia
- Elégant, au plafond ondulé et suspendu comme le Lynx

Rialto vu de la scène
Ce dernier est construit en 1950 par Basciano qui devient LE spécialiste des cinémas et continue sur sa lancée en construisant l’Atlas (1950) puis le Rif (1958) et en modernisant le Lux (1968). Celui-ci, construit en 1937, situé dans les soubassements d’un immeuble prestigieux de la ville – l’immeuble Liscia – était bordé de boutiques.
Le Rialto
Construit en 1930 par l’architecte Pierre Jabin, le Rialto peut accueillir 1 350 spectateurs. A la fois théâtre et cinéma, ce bâtiment se caractérise par la hardiesse de son ossature et de sa coupole en béton armé. Pourtant, les moulures, les vitraux et les luminaires art déco ainsi que son toit ouvrant réussissent à
détourner le regard de ces matériaux peu habituels.
Les troupes américaines, débarquées à Casablanca pour soutenir les alliés, assistent dans cette salle même au récital de Joséphine Baker le 13 avril 1943.

cinema le vox casablanca
Le Vox
C’est en 1935 qu’on inaugure ce qui devait être une des salles de cinémas les plus grandes d’Afrique. Le Vox ouvre ses portes en complément des magasins Paris Maroc. Pouvant contenir 2 000 places, c’est un bâtiment décrit comme ‘’énorme’’ par de nombreux témoins de l’époque. Ultra moderne, avec ces trois balcons
superposés, son éclairage indirect et, cerise sur le gâteau, son plafond escamotable qui permettait de profiter de la douceur des soirées estivales.
En raison des nombreuses spéculations immobilières, le roi des cinémas casablancais a fini par être détruit dans les années 70
L’Empire
Réalisé en 1927 par l’italien Aldo Manassi, le cinéma Empire est représentatif de l’histoire des cinémas de Casablanca. Situé sur le boulevard de la Gare, sa construction s’inscrit dans le cadre de la modernisation de la ville et dans la nouvelle ère du 7ème art à Casablanca. Salle à vocation cinématographique, l’Empire est quand même équipé de coulisses et de loges pour accueillir des spectacles vivants. Organisé en deux niveaux, orchestre et balcon, la salle totalise 800 places. Initialement prévu comme rez-dechaussée, l’Empire est par la suite rehaussé de trois étages et devient un véritable immeuble bourgeois, complété d’ailleurs par
un quatrième niveau. Sa façade est de style arts décoratifs avec colonnade, chapiteau, saillies et balcons. L’intérieur est plus sobre et épuré avec de nombreux détails art déco : tels que les fameux luminaires rappelant la dénomination du cinéma ou ceux en forme de S rappelant le nom de son propriétaire, Mr Séiberras.
source : Association de sauvegarde du patrimoine architectural du XXè siècle au Maroc






